Pablo Gargallo - Le vide est plénitude

29 juin 2018 (Jour entier) - 04 novembre 2018 (Jour entier)
Autoportrait, 1927, par Pablo Gargallo - Photo Ville de Castres, Musée Goya par B.Nicaise
Autoportrait par Pablo Gargallo, 1927, exposé au Musée Goya de la Ville de Castres
Photo Ville de Castres, Musée Goya par B.Nicaise

 

Introduction à la nouvelle exposition du Musée Goya

L’existence de Pablo Gargallo fut axée sur l’exigence à travers deux pôles :

  • L’approche classique des formes nourrie par le souvenir de la statuaire grecque antique, de la Renaissance,
  • L’innovation plastique grâce au matériau (le fer, le plomb, le laiton) ainsi que sa découpe.

Pablo Gargallo - Le vide est plénitude, une exposition inédite retraçant l'histoire d'une vie et d'oeuvres à découvrir au Musée Goya jusqu'au 28 octobre 2018. Vernissage le jeudi 28 juin à 18h30.

 

Gargallo, entre Catalogne et Paris

Sa formation dès 1899 auprès du sculpteur catalan Eusebi Arnau lui permet d’acquérir les bases indispensables de la technique comme il le dira lui-même plus tard : « ce n’est qu’avec une technique parfaite  que l’on possèdera la maxime connaissance des mystérieux rendements en la disposition des volumes, plans, surfaces reliefs, dans une composition sculpturale ».

 

Gargallo dans son atelier en 1913

Gargallo dans son atelier en 1913

 

Contemporain et ami de Picasso, il aurait pu se contenter de demeurer à Barcelone en cette Catalogne active et industrieuse de la fin du XIXème siècle. Mais Gargallo aura l'occasion, dès 1903, de s'installer à Paris grâce à une bourse d'étude. Paris qui, à ce moment là, a détrôné Rome en tant que référence absolue pour les artistes en devenir.

Il découvre alors ce milieu parisien si fertile en émerveillements en compagnie de Manolo Hugué, le sculpteur, et du musicien José Soler. Le retour à Barcelone en 1904 va confronter Gargallo à un véritable dilemme : être reconnu en Catalogne grâce à des grandes commandes d’architectes notamment Domenech Montaner, ou bien adopter une voie personnelle, plus risquée mais en prenant acte des grandes innovations du XXème siècle notamment le Cubisme (1907) et le Surréalisme.

Nul doute que les contacts qu’il avait avec ses amis espagnols dont Picasso et Juan Gris ont été déterminants. Ce dernier, en le recommandant auprès des marchands Leonce Rosenberg et Antoine Level puis en lui présentant sa future épouse Magali, contribua à fixer notre artiste définitivement à Paris en 1924 quand bien même le contact avec Barcelone ne sera jamais rompu.

 

De l'usage du vide

Prophète, 1933, Pablo Gargallo - Photo Ville de castres musée Goya par B.Nicaise
Prophète, 1933, Pablo GargalloPhoto Ville de castres musée Goya par B.Nicaise

Pablo Gargallo demeure, de par sa personnalité, un être complexe sujet à des moments de doute dont on trouve l’écho en ses remarquables écrits. S’il se réclame de la tradition mais aussi de l’innovation, il possède la pleine conscience du rôle cosmique de la sculpture dans le sens où, par ses trois dimensions, elle appréhende et structure l’espace tout en le modifiant.

Posséder la vision de cet espace comme Gargallo demeure chose peu commune - on le constate dans ses esquisses découpées - car lui-même ne dit-il pas que l’être humain peine à envisager deux profils dans leur ensemble ? Il s’affirme ainsi [...] que l’œuvre vivante recèle un équilibre entre poésie et mathématique, inséparables sœurs jumelles qui obéissent à l’inspiration. De même, pour Gargallo, l’œuvre doit être habitée par un rythme qui est « l’image intime de l’esthétique », la découverte d’un rythme étant le plus grand événement chez l’artiste.

« Dans toute composition il y a des volumes avec des plans, ces plans ont des surfaces, ces surfaces ont des reliefs… La sculpture est donc un problème de lumière et d’ombre ».

Ce qui fait l'originalité de Gargallo, ce qui constitue sa primauté : l’usage du vide. Tout comme en gravure l’espace non travaillé peut se révéler partie intégrante de la composition, l’absence de matière, en découpe ou façonnée par la feuille de métal qui s’enroule autour d’elle, peut suggérer la forme entière si l’on considère du regard ce vide ainsi que le plein qui lui est associé. D’autres ont pu user de telles méthodes mais Gargallo, outre qu’il demeure le premier à le faire avec du fer et à sa manière, s’exécute chaque fois avec originalité, grâce et puissance.

 

Autour de l'exposition

 

Conférence - Gargallo - La matière à l’œuvre

Par Jean Anguera, sculpteur et membre de l’Académie des Beaux-Arts, petit-fils de Pablo Gargallo

Le jeudi 20 septembre 2018 à 18h30

Musée Goya - musée d’art hispanique

Entrée libre

 

Visite guidée de l’exposition

Par Jean-Louis Augé, Conservateur en chef des musées de la Ville de Castres

Le samedi 6 octobre 2018 à 15h30

Musée Goya - musée d’art hispanique

Entrée libre

 

Animations Jeune public pour les 7-12 ans - Le vide et le plein, la sculpture chez Gargallo

En sculpture, le plein est une partie de l'œuvre réalisée avec une matière ou des matériaux. En opposition, le vide peut être une partie de l'œuvre qui ne contient pas de matière. Les enfants découvriront l’œuvre de Gargallo et expérimenteront les notions de vide et de plein en réalisant leurs propres formes, figuratives ou abstraites.

Le mardi 10, mercredi 11 et mercredi 12 juillet 2018

  • Centres de loisirs en matinée (9h30 – 11h30)
  • Individuels en après-midi (14h30 – 16h30)

Le mardi 23, mercredi 24 et jeudi 25 octobre 2018

  • Centres de loisirs en matinée (9h30 – 11h30)
  • Individuels en après-midi (14h30 – 16h30)

Musée Goya - musée d’art hispanique

RENSEIGNEMENTS ET RESERVATIONS : 05 63 71 59 23 ou 05 63 71 59 87 

 

Infos pratiques

Horaires du musée

  • Juillet et août : ouvert tous les jours de 10h à 18h, sans interruption - Fermé le 14 juillet
  • Septembre : 9h-12h et 14h-18h (à partir de 10h les dimanches et jours fériés)
  • Octobre : 9h-12h et 14h-17h (à partir de 10h les dimanches et jours fériés)

Tarifs

  • Plein tarif : 5€
  • Tarif réduit : 2,50€ (groupe de plus de 10 personnes, militaires, étudiants, etc.)
  • Gratuit : - 18 ans, Amis des musées de Castres, Ambassadeur Tarnais, carte professionnelle (journaliste, guide conférencier et enseignant)